Un homme de compagnie pour une personne âgée : le demander, et à quoi s’attendre
Le Larousse connaît la dame de compagnie, pas l’homme de compagnie. Pour un père qui parle plus volontiers à un homme, l’expression vient pourtant naturellement, et la question est très concrète : est-ce possible, qu’est-ce que cela change à la visite, et comment le demander ?
Peut-on faire venir un homme de compagnie pour votre père ?
Oui. Un philos peut être un homme ou une femme, et si votre père préfère parler à un homme, dites-le : c’est un renseignement dont nous tenons compte quand nous choisissons à la main.
Le mot, lui, hésite. On dit « homme de compagnie » faute de mieux, et l’on se fait comprendre. Chez nous, la question ne se pose pas dans les mots : on dit un philos, pour un homme comme pour une femme.
Les raisons d’une préférence
Par pudeur, par habitude des conversations entre hommes, parfois à cause du mot « dame » lui-même. Aucune de ces raisons n’est un caprice.
La pudeur, d’abord. Il y a des choses qu’on montre difficilement à une inconnue, chez soi : la fatigue d’un mardi, l’appartement tel qu’il est, avec le courrier en pile et la tasse du matin dans l’évier. Les références, ensuite : certains pères ont toujours eu leurs amis parmi les hommes, ceux du bureau, de l’atelier ou du club, et retrouvent plus vite ce ton-là. Et le mot lui-même : « dame de compagnie » suffit à en raidir quelques-uns, qui entendent qu’on vient les garder.
Rien de tout cela n’est une règle. Une mère peut préférer un homme, et tel père s’entend à merveille avec une femme qui lui tient tête aux échecs. Demandez-lui, ne présumez pas : c’est sa préférence, pas la vôtre, qui compte ici. Ce que les chiffres disent des hommes âgés qui vivent seuls, et ce qu’ils taisent, est dans notre article Mon père vit seul.
Ce que cela change à la visite, et ce que cela ne change pas
Le premier quart d’heure, souvent ; le reste, très peu. Le ton, les références, l’aisance des premières semaines peuvent changer. La manière d’écouter, de se souvenir de ce qu’on a raconté et de revenir le mardi suivant n’a rien à voir avec le genre.
Ce qu’est un philos ne change pas non plus. Chez Philia&Co., on le devient après un entretien en personne, un extrait de casier judiciaire et une charte signée, et nous cherchons en lui, avant tout, de la gentillesse, puis de la politesse, du savoir-vivre et de la bienveillance. Il vient deux heures chaque semaine, le même jour à la même heure, et il ne fait ni ménage, ni repas, ni courses à la place de personne.
Il ne vient pas non plus prêter ses bras. Un homme de compagnie ne monte pas l’étagère et ne change pas l’ampoule, pas plus qu’une femme ; si l’étagère est tombée, c’est un bricoleur qu’il faut appeler, et pas pendant les deux heures.
Les deux heures, selon ce que votre père aime
Elles suivent ses goûts, qu’il connaît mieux que quiconque. Une partie d’échecs ou de belote qui reprend là où la précédente s’était arrêtée. Le journal lu à voix haute et commenté, avec des désaccords. Un match écouté à la radio. Un tour du quartier pour voir où en est le chantier de la rue. Un album de photographies, avec les noms retrouvés un à un.
Et si votre père n’a jamais touché un ballon et préfère les vers de Verlaine, tant mieux : nous choisissons le philos aussi d’après les centres d’intérêt de votre père, pour que la conversation ait de quoi se poursuivre d’une semaine à l’autre.
Comment le demander, concrètement
- Parlez-en d’abord à votre père. Une préférence qu’il n’a pas exprimée est la vôtre, pas la sienne ; il est l’employeur de son philos, et le dernier mot lui revient.
- Dites-le au téléphone, à l’ouverture, quand un membre de l’équipe vous appelle après votre inscription sur la liste d’attente. Précisez-le comme vous précisez ses plages horaires ou ses centres d’intérêt : un mot suffit.
- Attendez le nom. Vous ne parcourez aucun profil ; nous vous présentons le philos par son nom dès qu’il a confirmé sa venue.
- Participez à la rencontre de présentation, offerte, d’environ une heure, famille bienvenue. On y voit si le courant passe, bien plus sûrement que sur un critère. S’il ne passe pas, nous en proposons un autre.
Votre père a sans doute un nom en tête : celui d’un ancien collègue, d’un voisin de palier, de quelqu’un avec qui la conversation allait de soi. Décrivez-nous cette personne-là : elle dit mieux qu’un critère ce qu’il faut chercher.
Pour savoir comment nous choisissons les philos, lisez notre article sur la sélection des philos ; pour le service en entier, la page dame de compagnie à Paris.
Les premières semaines
Le premier mardi ne raconte pas grand-chose : on se présente, on parle du temps, de la rue, du stationnement. Votre père observe, le philos aussi. Il arrive qu’au bout de quelques semaines quelque chose se mette en place : une histoire gardée pour le mardi, une partie qu’on reprend, une question sur la semaine d’avant que personne d’autre n’aurait pensé à poser. C’est ce moment-là qu’on attend, bien plus que l’aisance du premier quart d’heure. La régularité fait le reste.
Et si c’est la visite qu’il refuse, pas la personne ?
Une préférence pour un homme est une manière de dire oui, à certaines conditions. Un « je n’ai besoin de personne » est autre chose, et changer de philos n’y changera rien. Il faut alors comprendre le refus avant de proposer une solution : notre article Ma mère ne veut voir personne vaut aussi pour un père, et propose de présenter une rencontre plutôt qu’un service.
Questions fréquentes
Comment appelle-t-on un homme qui tient compagnie à une personne âgée ?
Le Larousse connaît la dame et la demoiselle de compagnie, et ne donne pas de pendant masculin : on dit souvent « homme de compagnie », faute de mieux. Chez nous, on dit un philos, pour un homme comme pour une femme, quel que soit son âge.
Un homme de compagnie coûte-t-il plus cher qu’une dame de compagnie ?
Non. Le prix dépend de la formule, une, deux ou trois visites de 2 h par semaine, jamais de la personne qui vient.
Mon père refuse qu’une femme vienne chez lui : faut-il le lui imposer ?
Non. Le dernier mot lui revient, puisqu’il est l’employeur de son philos. Dites-le-nous au téléphone : nous en tenons compte, et la rencontre de présentation, offerte, vérifie que le courant passe avant toute visite.
Un homme de compagnie peut-il monter une étagère ou changer une ampoule ?
Non, pas plus qu’une femme : le philos vient pour la compagnie, pas pour les travaux. Les deux heures restent consacrées à la conversation, à la promenade, aux jeux.