Concilier son travail et ses parents âgés : l’agenda, l’appel de midi, les relais
Concilier travail et parents âgés ne demande pas d’en faire plus, mais de faire en sorte que l’imprévu pèse moins. Cela se prépare à froid, un soir où rien ne sonne, et non au moment où le téléphone vibre.
Votre téléphone vibre sur la table de la salle de réunion, face contre le bois. C’est votre mère, qui n’appelle presque jamais à cette heure-là. Vous laissez sonner, vous écoutez à moitié la suite des diapositives, et pendant vingt minutes vous refaites en pensée la liste de tout ce qui aurait pu arriver.
Ces vingt minutes ne disent rien de votre caractère : elles disent seulement que rien n’était prévu pour ce cas. Des créneaux fixes, quelques personnes qui peuvent répondre à votre place, une conversation franche au travail : voilà ce qui les raccourcit.
Combien de personnes concilient déjà les deux ?
Beaucoup : en 2022, selon la DREES, 58 % des personnes qui soutenaient régulièrement un proche travaillaient, cherchaient un emploi ou étudiaient, et 78 % parmi celles d’âge actif. Ces chiffres valent pour tous les proches, conjoints et amis compris, et pas seulement pour un parent. Ils disent tout de même une chose : vous n’êtes probablement pas la seule personne de votre entreprise à jongler avec cela.
Certains doivent aussi revoir leur travail. En 2015, parmi les adultes en emploi qui soutenaient un parent âgé vivant chez lui tout en ayant des enfants à charge, 29 % déclaraient avoir fait au moins un aménagement de leur vie professionnelle : changer d’employeur, renoncer à une promotion ou à des heures supplémentaires, réduire leurs horaires, prendre des congés. Pour les autres enfants en emploi qui soutenaient un parent âgé, les proportions étaient voisines. Mieux vaut y penser avant que la situation ne l’impose.
Concilier travail et parents âgés : un agenda qui garde de la marge
Fixez dans votre semaine les moments qui concernent votre parent, et laissez volontairement deux moments libres. Un agenda plein à ras bord transforme chaque imprévu en crise ; un agenda qui a de la marge l’absorbe.
Les moments réguliers se bloquent comme des réunions : l’appel du mardi à 12 h 30, la visite du samedi matin, intitulés « indisponible » dans l’agenda de l’entreprise si c’est utile, sans autre détail. Regroupez le reste : une matinée par mois pour les papiers et le courrier de votre parent, plutôt que dix interruptions éparpillées. Les semaines de crise ne se planifient pas, mais leur marge, si.
L’appel de midi : le fixer, le tenir, le raccourcir
Un appel court à heure fixe vaut mieux qu’un appel long à n’importe quelle heure. Dix minutes à 12 h 30, trois jours par semaine, depuis un endroit où vous pouvez parler librement : le palier de l’étage, un banc, la sortie de l’immeuble.
Convenez à l’avance de ce qui est urgent et de ce qui peut attendre votre pause. Pour une urgence de santé, votre parent compose d’abord le 15 ou le 112, puis vous appelle ; pour tout le reste, il laisse un message et vous le rappelez à la première pause. Il sait alors qu’il peut compter sur vous, et vous n’avez plus à craindre chaque sonnerie.
Résistez à l’envie d’appeler tous les jours. Un rituel trop lourd s’abandonne au premier mois chargé, et l’abandon fait plus de mal que la modération. Pour le détail (combien de fois, à quelle heure, que dire), voyez appeler ses parents âgés.
Que dire à son employeur, et que ne pas promettre ?
Dites ce dont vous avez besoin et quand, sans raconter la vie de votre parent. Parlez tôt d’un petit ajustement plutôt que tard d’un grand : un arrangement simple, convenu à froid, se négocie bien plus facilement qu’une exception réclamée en pleine crise.
« Mon père vit seul, et il m’arrivera de devoir m’absenter quelques heures. Je préfère vous le dire maintenant. Voici ce que je peux garantir : je suis joignable le matin, et je rattrape le vendredi. »
Ce que votre entreprise prévoit (ses accords, ses usages, ses possibilités d’horaires ou de télétravail) varie d’une société à l’autre. Votre service des ressources humaines, ou un représentant du personnel, vous le dira : posez la question sans rien supposer. Quant à ce que vous promettez, n’offrez pas une disponibilité que vous n’avez pas ; proposez-en une qui soit prévisible, comme dans l’exemple ci-dessus.
Se taire coûte souvent plus cher que parler : chaque absence imprévue devient inexplicable, et on risque de la prendre pour un manque de fiabilité. Dite une fois, tôt et calmement, la situation devient une donnée de plus dans l’organisation du service.
Des relais pour les heures où vous êtes injoignable
Deux relais suffisent, chacun pour un type de situation : un voisin ou la gardienne pour un coup d’œil sur place, un frère, une sœur ou un ami pour le jour où il faut venir vite. Vous restez pour tout le reste. Écrivez leurs numéros sur une feuille que votre parent garde près du téléphone, et dans le vôtre.
Donnez à chacun un rôle, un seul. Quand tout le monde est vaguement responsable, chacun pense que c’est l’autre. Si vous habitez loin, les mêmes principes valent, avec quelques précautions en plus, décrites dans vivre loin de ses parents âgés.
Ce qui se délègue sans se perdre
Ce qui revient à heure fixe peut se confier ; les conversations qui comptent se gardent. Votre voix au téléphone le dimanche soir n’a pas de remplaçant, alors qu’une visite de 2 h le jeudi après-midi, pendant que vous êtes au bureau, peut être tenue par quelqu’un d’autre.
Pour un parent qui vit à Paris, Philia&Co. peut tenir un créneau comme celui-là, avec toujours le même philos. Nous le choisissons à la main, pour sa gentillesse avant tout, puis pour sa politesse, son savoir-vivre et sa bienveillance ; il vient pour une conversation, une promenade, une partie de cartes. La rencontre de présentation, d’environ une heure, est offerte, et la rencontre de présentation est offerte. Votre parent est l’employeur, et nous faisons toutes les démarches en son nom. Ce qui se passe pendant une visite est décrit sur la page des dames de compagnie à Paris.
Si ce téléphone qui vibre réveille surtout de la culpabilité, elle a son article : la culpabilité envers ses parents âgés.
Cette semaine, un seul geste suffit : choisissez l’heure de l’appel, dites-la à votre mère, et inscrivez-la dans votre agenda comme n’importe quelle réunion. Le téléphone vibrera encore sur la table, mais ce ne sera plus une surprise.
Questions fréquentes
Que dire à mon responsable quand je dois partir en pleine journée pour mon père ?
Dites que vous avez un impératif familial, l’heure à laquelle vous partez et celle à laquelle vous revenez, sans détailler. Une indication précise rassure plus qu’une longue explication, et elle ne vous engage à rien de plus.
Peut-on laisser son téléphone en silencieux au bureau quand un parent vit seul ?
Oui, si vous avez convenu à l’avance de ce qui est urgent. Pour une urgence de santé, votre parent compose d’abord le 15 ou le 112, puis vous appelle ; pour tout le reste, il laisse un message et vous le rappelez à la première pause.
Beaucoup de gens aménagent-ils leur travail pour soutenir un parent âgé ?
Une minorité, mais pas négligeable. En 2015, selon la DREES, 29 % des adultes en emploi qui soutenaient un parent âgé vivant chez lui, tout en ayant des enfants à charge, déclaraient avoir fait au moins un aménagement de leur vie professionnelle, soit près de trois sur dix.
Puis-je télétravailler chez ma mère quelques jours ?
Cela dépend des règles de votre entreprise : posez la question au service des ressources humaines. Prévoyez alors un coin calme, et annoncez vos horaires à votre mère pour qu’elle sache quand vous êtes vraiment disponible.