Confier sa mère à quelqu’un : les questions que la culpabilité pose
Faire venir quelqu’un chez sa mère chaque semaine, c’est une décision que la culpabilité attaque des deux côtés : on se sent coupable de la prendre, et coupable de ne pas l’avoir prise plus tôt. Les mêmes questions reviennent avant de confier sa mère à quelqu’un, et elles méritent des réponses sans détour.
Confier sa mère à quelqu’un chaque semaine, est-ce l’abandonner ?
Non : on ajoute une présence, on n’en retire aucune. Votre mère garde vos visites, vos appels et ses dimanches en famille, et elle gagne un visage de plus, qui revient à jour fixe.
Abandonner, ce serait cesser de venir, laisser le téléphone sonner dans le vide, ne plus savoir. Vous faites le contraire. Vous organisez, vous restez le premier relais, et vous veillez à ce que la semaine de votre mère ne repose plus sur vos seules épaules. Le verbe « confier » fait d’ailleurs plus de mal que la chose. Il évoque un colis, ou un enfant qu’on dépose. Si votre mère le supporte mal, laissez-le de côté et dites simplement que vous aimeriez lui présenter quelqu’un.
Pourquoi ai-je l’impression de me décharger ?
Parce que beaucoup de fils et de filles ont appris que l’amour se prouve par la peine qu’on se donne. Si c’est plus facile, ou si quelqu’un d’autre s’en charge, on soupçonne que cela compte moins.
Le critère à regarder est la semaine de votre mère, plus que l’effort que vous y mettez. Si ses journées sont mieux remplies, si elle a un moment qu’elle attend, c’est elle qui en profite. Un enfant moins à bout a, de surcroît, davantage à lui offrir quand il vient : de l’attention, de la bonne humeur, de l’écoute.
Faut-il attendre que ma mère en ait vraiment besoin ?
Non, mieux vaut s’y prendre quand tout va bien. Une présence qui s’installe dans un moment calme devient une habitude que votre mère choisit à son rythme ; installée dans l’urgence, après une mauvaise nouvelle ou un coup de fatigue, elle ressemble à un verdict.
Le moment où l’on se dit « elle n’en a pas besoin, elle se débrouille » est souvent celui où la décision est la plus libre. Rien ne presse, et votre mère peut dire oui parce que l’idée lui plaît, non parce qu’elle n’a plus le choix.
Comment en parler à ma mère sans qu’elle se sente mise de côté ?
En commençant par ce qu’elle vit, pas par ce que vous craignez. Choisissez un moment sans urgence, loin d’une inquiétude ou d’une dispute, et parlez de ses journées, de ses goûts, de ce qui lui manque peut-être, avant de nommer personne.
Proposez-lui une rencontre plutôt qu’un service : environ une heure, qu’elle est libre d’écourter, en lui promettant d’avance qu’elle aura le dernier mot. Si elle répond non, ce non-là n’est pas définitif ; l’article « ma mère ne veut voir personne » explique comment y revenir.
Qui décide, et qui est l’employeur ?
Votre mère décide, et c’est elle l’employeur de son philos, le nom que nous donnons à la personne qui lui rend visite. Si elle vous demande de signer pour elle, vous signez comme son représentant, jamais comme employeur. Philia&Co. fait toutes les démarches en son nom, de la déclaration des heures au versement du salaire. De votre côté, rien à remplir : une seule confirmation, une fois, et nous vous guidons.
Cette place d’employeur compte plus qu’il n’y paraît pour la culpabilité. Votre mère n’est pas la bénéficiaire passive d’une décision de ses enfants. Elle engage quelqu’un chez elle.
Comment être sûr de la personne qui entre chez ma mère ?
On ne peut pas l’être sur parole, et c’est pourquoi la sélection compte plus que la promesse. Nous choisissons le philos à la main, d’abord pour sa gentillesse, puis pour sa politesse, son savoir-vivre et sa bienveillance, et nous ne retenons qu’une petite minorité des candidatures. Votre mère n’a aucun profil à comparer, et nous vous présentons le philos par son nom dès qu’il a confirmé.
Chaque étape, de l’entretien en personne à l’engagement de six mois, est détaillée dans l’article sur la sélection d’un visiteur, et la charte que signe chaque philos se lit en ligne.
Que se passe-t-il si le courant ne passe pas ?
Nous en proposons un autre. La rencontre de présentation, offerte et d’environ une heure, sert précisément à le voir : votre mère y fait connaissance, la famille y est la bienvenue, et personne n’est en faute si les affinités ne viennent pas. Si la famille n’est pas convaincue malgré tout, l’engagement « satisfait ou remboursé le premier mois » s’applique.
Ma mère va-t-elle s’attacher à cette personne plus qu’à moi ?
Elle s’attachera sans doute, et c’est ce qu’on espère, car la régularité fait naître l’affection. Mais l’attachement de votre mère à cette personne ne se prend pas sur celui qu’elle a pour vous. Vous restez son enfant, et cette place-là n’est pas à prendre.
La jalousie qu’on ressent parfois, discrète et honteuse, se comprend, puisqu’on a souvent été sa seule oreille. Elle s’apaise quand on voit ce que chacun apporte. Le philos ne connaît pas le passé de votre mère, et elle peut tout lui raconter pour la première fois ; vous gardez ce qu’aucun nouveau venu n’aura, toute son histoire.
Qu’est-ce que cela change pour moi, concrètement ?
Vous gardez vos visites et vos appels, et vous cessez d’être le seul à qui votre mère raconte sa semaine. Elle a quelqu’un d’autre à qui parler, un moment qu’elle attend, et vous n’avez plus à porter seul le souci de ses journées.
Votre dimanche peut alors redevenir ce qu’il devrait être : un moment avec elle plutôt que l’inventaire de sa semaine.
Combien cela coûte-t-il ?
Pour une visite de 2 h chaque semaine, la formule normale coûte 143,44 € par mois après crédit d’impôt, contre 286,88 € avant, le tout lissé sur l’année. Le salaire du philos est mensualisé, nos frais de mise en relation ne sont facturés que sur les visites effectuées, et la rencontre de présentation est offerte.
Pour plus de présence, il existe deux autres formules : deux visites par semaine, ou trois, sur des jours différents. Nous ne vendons pas d’heures à la carte. Le détail se trouve sur la page des tarifs.
Que faire si la culpabilité reste, malgré tout ?
Elle restera sans doute un peu, au début, car un sentiment ne se démonte pas avec un contrat. Donnez-lui quelques semaines, puis regardez ce qui compte : que dit votre mère de sa semaine ? Une mère se met parfois à raconter, sans qu’on le lui demande, ce qu’elle a lu, la promenade du jeudi, la réplique qui l’a fait rire.
Ce qui pèse vient de loin, de la dette, de la distance, de la comparaison avec les autres : l’article sur la culpabilité envers ses parents âgés reprend chaque source. Il arrive qu’un dimanche votre mère vous interrompe pour vous raconter sa semaine, et que ce soit vous qui n’arriviez plus à placer un mot.
Questions fréquentes
Ma mère a peur d’être jugée par un inconnu : que lui dire ?
Dites-lui que cette personne vient passer un moment avec elle, et non inspecter sa façon de vivre, et que nous l’avons choisie pour sa gentillesse avant tout. Votre mère garde le dernier mot : la rencontre de présentation, offerte, est faite pour qu’elle voie par elle-même.
Dois-je prévenir mes frères et sœurs avant de proposer une présence à notre mère ?
De préférence, oui : non pour demander une autorisation, mais pour qu’ils ne l’apprennent pas par votre mère et ne se sentent pas écartés. La décision, elle, revient à votre mère.
Faut-il être présent lors de la première visite de 2 h ?
Non : la famille est la bienvenue à la rencontre de présentation, puis les visites, la première comme les suivantes, se passent entre votre mère et son philos.