Appel vidéo avec les grands-parents : installer une tablette qu’ils sauront utiliser
Pour l’appel vidéo avec des grands-parents, nul besoin d’une technologie de pointe : il faut un appareil qui s’allume, une icône qui s’ouvre et une heure qu’on attend. Le reste se règle en quelques gestes : installer la tablette sans perdre personne en route, savoir ce qu’elle ne remplace pas, et trouver où apprendre à Paris.
Une tablette plutôt qu’un téléphone
Pour un appel vidéo avec des grands-parents, la tablette est le bon appareil : son écran est grand, elle tient debout sur la table et elle laisse les mains libres. Un téléphone se tient, se glisse dans une poche, se perd au fond d’un sac, et l’image tremble.
Elle n’a pas à être neuve ni chère. Elle doit être à lui, ou à elle : pas la vieille tablette de la famille, pleine de jeux et de comptes qui ne sont pas les siens.
Une seule application, installée avant de la lui donner
Une seule application suffit, celle que la famille utilise déjà : si vous échangez des messages dans un groupe, c’est elle qui servira aux appels vidéo. Installez-la vous-même, chez vous, avant de la lui donner. Ouvrez le compte, ajoutez les contacts qui comptent, et faites un appel d’essai avec quelqu’un de l’autre côté de la pièce.
Notez le mot de passe dans un petit carnet qui reste chez lui, à un endroit que vous connaissez. Et donnez une seule règle, simple à retenir : on n’ouvre aucun lien reçu par message sans vous avoir appelé d’abord. Le sujet a son propre article : protéger un parent âgé des arnaques.
Un écran réglé pour ses yeux, et trois gestes à retenir
Texte au plus grand, luminosité haute, volume fort, sonnerie qu’on entend depuis la cuisine : réglez tout pour ses yeux et ses oreilles, pas pour les vôtres. Videz ensuite l’écran d’accueil : l’application d’appel, peut-être un album de photographies, rien d’autre. Chaque icône en plus est une occasion de se tromper.
Posez la tablette sur un support, à hauteur des yeux, près d’une prise, à l’endroit où votre parent s’assied déjà. Une place fixe, comme celle du téléphone d’autrefois. Vérifiez que le réseau du logement y arrive bien : une image qui saute décourage vite. Puis écrivez en grosses lettres un mode d’emploi à coller à côté de la tablette :
- Appuyer sur le bouton du côté si l’écran est noir.
- Quand ça sonne, toucher le rond vert.
- Pour finir, toucher le rond rouge.
Trois gestes, pas quatre. Si la liste s’allonge, c’est que l’écran d’accueil est encore trop chargé.
Un appel vidéo à heure fixe, et de petits rites
Appelez le même jour à la même heure : c’est ce qui change tout. Votre mère sait quand sortir la tablette, les petits-enfants savent quoi préparer, et personne n’a à deviner si c’est le bon moment. Un quart d’heure suffit.
Chaque famille invente ses rites : le goûter du mercredi pris devant l’écran, une histoire lue le dimanche soir, un dessin tenu devant la caméra, les devoirs d’un enfant soumis à l’avis de son grand-père. Avec un adolescent, dix minutes passées à faire autre chose en même temps valent mieux qu’un long silence poli : l’important est que l’écran soit allumé et que quelqu’un s’y trouve.
Le premier mois, téléphonez cinq minutes avant : « Tu vas voir mon nom s’afficher, tu n’auras qu’à toucher le rond vert. » Au bout de quelques semaines, ce coup de fil ne servira plus. Pour les jours sans appel, voyez les activités à proposer à la maison.
Apprendre sans vous : où se former à Paris
Il est parfois plus simple d’apprendre d’une personne qu’on n’a pas élevée. Si votre parent veut comprendre son appareil plutôt que d’y toucher du bout des doigts, Paris a plusieurs adresses : des clubs, des conseillers, des bibliothèques, des Maisons des Solidarités. Les programmes changent : demandez le calendrier sur place.
Les clubs seniors de la Ville proposent gratuitement, selon les clubs, des activités numériques, dont une initiation au smartphone ; leurs conditions d’accès sont détaillées dans notre article sur la solitude.
La Ville emploie aussi des conseillers numériques, qui montrent comment aller sur internet, communiquer à distance ou prendre en main un ordinateur, un smartphone ou une tablette ; on les trouve dans plusieurs mairies d’arrondissement et dans des établissements de la Ville, clubs seniors compris. Leur présentation figure sur le site de la Ville de Paris.
Certaines bibliothèques de la Ville organisent des ateliers numériques gratuits, sur réservation, dont des cycles pour les plus de 60 ans. Les Maisons des Solidarités, elles, renseignent sur les activités proposées aux seniors : demandez le calendrier à la bibliothèque ou à la Maison des Solidarités de l’arrondissement de votre parent.
Ce qu’un écran ne remplace pas
Un écran garde le fil, mais il ne sonne pas à la porte. Une grande étude américaine publiée en 2015 associe les visites en personne, plus que les appels, à moins de symptômes dépressifs chez les plus de 50 ans ; la vidéo n’y figure pas, et l’étude ne mesure que les contacts avec les proches. Nous la détaillons dans appel vidéo ou visite.
Si votre parent vous semble durablement triste, parlez-en à son médecin traitant ; en cas de danger immédiat, le 15 ou le 112.
Ce que propose Philia&Co. est d’un autre ordre : un philos, que nous avons choisi à la main, vient chaque semaine chez votre parent pour 2 h. Ce n’est pas la visite d’un proche, et l’étude n’en dit rien ; c’est quelqu’un qui sonne à la porte, et qu’on attend. La page de la dame de compagnie raconte ce qu’est une visite.
Le premier appel sera raté, et c’est très bien
Au premier essai, on verra le plafond, on entendra la télévision, le son arrivera une seconde avant l’image. Ne l’arrêtez pas. C’est le moment où l’on rit ensemble, et c’est ce qui fait revenir au deuxième appel.
Questions fréquentes
Quelle tablette choisir pour un grand-père qui n’a jamais utilisé d’écran ?
Peu importe la marque : prenez un écran assez grand, un modèle simple, sans options dont personne ne se servira, et un support pour la tenir debout. Le plus important vient après l’achat, quand vous la configurez vous-même, avec la seule application d’appel, avant de la lui donner.
À quelle fréquence appeler ses grands-parents en vidéo ?
Une fois par semaine, à heure fixe, suffit : c’est l’habitude qui compte, pas la durée. Un quart d’heure tenu chaque semaine vaut mieux qu’une longue conversation promise et sans cesse reportée.
Existe-t-il des ateliers gratuits pour apprendre à se servir d’une tablette à Paris ?
Oui : les clubs seniors de la Ville proposent gratuitement des activités numériques, dont une initiation au smartphone, et certaines bibliothèques organisent des ateliers gratuits sur réservation. Des conseillers numériques sont aussi présents dans plusieurs mairies d’arrondissement. Les programmes changent : renseignez-vous auprès du lieu.
Mon père dit qu’il préfère le téléphone à l’écran : faut-il insister ?
Non : ce qui compte, c’est l’appel, pas le moyen. Proposez un essai, avec un petit-enfant qui lui présente son nouveau chien ou sa chambre ; s’il reste fidèle au téléphone, laissez-le. L’écran est un plus, jamais une condition.
Que dire pendant un appel vidéo quand on n’a rien à raconter ?
Montrez plutôt que de raconter : la plante qui a fleuri, le dessin de la semaine, le plat du soir. Une question simple relance ensuite : « Qu’est-ce que tu vois, de ta fenêtre, aujourd’hui ? » Un silence ne gêne pas quand on se voit.